Indemnité des adjoints au maire en 2026 : combien touchent-ils vraiment ? (Guide complet)

Un adjoint au maire gagne entre 344 € et 2 291 € bruts par mois en 2026, selon la taille de sa commune. Mais attention : on ne parle pas de salaire, mais d’une « indemnité de fonction ». Cette compensation financière est strictement encadrée par la loi et calculée en pourcentage de l’indice brut terminal de la fonction publique (IB 1027), fixé à 4 110,52 € mensuels en 2026.

Les montants varient considérablement selon la population :

  • Commune de moins de 500 habitants : 344 € bruts/mois maximum
  • Commune de 1 000 à 3 499 habitants : 904 € bruts/mois maximum
  • Commune de 10 000 à 19 999 habitants : 1 356 € bruts/mois maximum
  • Commune de 100 000 habitants et plus : 2 291 € bruts/mois maximum

Nouveauté 2026 : le gouvernement a voté une revalorisation des indemnités pour les communes de moins de 20 000 habitants, avec un système dégressif plus favorable aux petites communes. Cette mesure vise à lutter contre la crise des vocations qui touche particulièrement les villages et bourgs ruraux.

Dans ce guide complet, on décortique les barèmes officiels 2026, les règles de calcul, les nouveautés législatives et tout ce que vous devez savoir sur la rémunération réelle des adjoints au maire. Parce que derrière les chiffres se cache une réalité bien plus complexe que les idées reçues.

💡 Les infos à retenir (si vous n’avez pas le temps de tout lire)

  • 💰 Pas un salaire : Un adjoint au maire touche une « indemnité de fonction », pas un salaire. C’est une compensation, pas une rémunération au sens du droit du travail.
  • 🏙️ La taille compte : Le montant de l’indemnité dépend directement du nombre d’habitants de la commune. Plus la ville est grande, plus l’indemnité potentielle est élevée.
  • 🔢 Une base de calcul unique : Tout est calculé en pourcentage de la valeur de l’indice brut terminal de la fonction publique (IB 1027), soit 4 110,52 € brut mensuels en 2026.
  • 📈 Revalorisation 2026 : Nouvelle loi adoptée fin 2025 : les indemnités des adjoints des communes de moins de 20 000 habitants ont été revalorisées avec un système dégressif plus favorable aux petites communes.
  • ⚖️ Brut ≠ Net : Les montants présentés sont des plafonds maximums bruts. Ils sont soumis aux cotisations sociales (CSG/CRDS) et à l’impôt sur le revenu.
Une mairie

Adjoint au maire : on ne parle pas de salaire, mais d’indemnité de fonction

La première chose à comprendre, c’est la nature même de l’argent perçu. Le Code général des collectivités territoriales (CGCT) est formel : les élus municipaux, y compris les adjoints, perçoivent des « indemnités de fonction ». Cette distinction n’est pas qu’une simple question de vocabulaire juridique.

Pourquoi cette différence fondamentale ?

  • Un mandat, pas un emploi : Un élu n’est pas un salarié de la mairie. Il n’existe aucun lien de subordination hiérarchique, aucun contrat de travail au sens classique. Il exerce un mandat électif confié par les citoyens pour une durée déterminée de six ans.
  • Une compensation, pas une rémunération : L’indemnité vise à compenser le temps consacré à la fonction, les revenus potentiellement perdus de son activité professionnelle, et les frais inhérents au mandat (déplacements, représentation, disponibilité).
  • Un montant plafonné et encadré : Le conseil municipal vote le montant exact des indemnités en début de mandat, mais ne peut pas dépasser les plafonds légaux fixés par décret. L’enveloppe globale est strictement limitée.
  • Une reconnaissance qui évolue : Depuis 2026, la loi sur le statut de l’élu facilite l’accès aux fonctions électives pour les actifs et améliore la reconnaissance financière de l’engagement local, notamment dans les petites communes.

Cette indemnité n’est donc ni automatique ni figée. Elle peut être ajustée à la baisse par délibération du conseil municipal, et certains élus choisissent même d’y renoncer partiellement ou totalement pour des raisons budgétaires ou personnelles.

Pour les agents publics en quête de mobilité, cet article sur le détachement dans la fonction publique et ses avantages et inconvénients peut être éclairant.

Le barème 2026 des indemnités maximales : combien touche un adjoint au maire ?

Le montant de l’indemnité est un pourcentage d’un indice de référence de la fonction publique. Ce système garantit que les revalorisations du point d’indice s’appliquent automatiquement aux élus locaux. En 2026, la valeur de l’indice brut terminal 1027 est fixée à 4 110,52 € bruts mensuels.

Voici le tableau des indemnités mensuelles brutes maximales pour un adjoint au maire en 2026, en fonction de la taille de la commune :

Population de la commune % de l’indice brut terminal Indemnité mensuelle brute maximale (2026)
Moins de 500 habitants 8,25 % 339,12 €
500 à 999 habitants 11 % 452,16 €
1 000 à 3 499 habitants 22 % 904,31 €
3 500 à 9 999 habitants 27,5 % 1 130,39 €
10 000 à 19 999 habitants 33 % 1 356,47 €
20 000 à 49 999 habitants 44 % 1 808,63 €
50 000 à 99 999 habitants 52,25 % 2 147,75 €
100 000 habitants et plus 55 % 2 260,79 €

Important : Ces chiffres sont des plafonds légaux. Un conseil municipal peut décider de voter des indemnités inférieures, et certains adjoints choisissent même de renoncer à tout ou partie de leur indemnité, notamment dans les petites communes aux budgets contraints.

Mythes & Réalités sur la rémunération des adjoints : ce que personne ne vous dit

Derrière les chiffres bruts se cache une réalité bien plus complexe. Il est temps de tordre le cou à quelques idées reçues qui circulent encore en 2026.

Mythe n°1 : « L’indemnité est de l’argent de poche net d’impôts. »

C’est totalement faux. L’indemnité de fonction est un revenu comme un autre. Elle est soumise à la CSG (9,2 %) et à la CRDS (0,5 %). De plus, elle est imposable au titre de l’impôt sur le revenu. Une part de cette indemnité peut être exonérée sous certaines conditions via le mécanisme des « frais d’emploi », mais la majeure partie est bien fiscalisée. Résultat concret : sur une indemnité brute de 1 000 €, un adjoint ne touche réellement que 800 à 850 € nets après prélèvements sociaux et fiscaux.

Mythe n°2 : « Tous les adjoints d’une même mairie touchent la même chose. »

Pas forcément. Le conseil municipal dispose d’une enveloppe indemnitaire globale qu’il peut moduler entre les adjoints, tant que les plafonds individuels et l’enveloppe totale ne sont pas dépassés. Un premier adjoint avec des délégations lourdes (urbanisme, finances, ressources humaines) peut tout à fait percevoir une indemnité supérieure à un autre adjoint ayant des responsabilités moins chronophages. Cette modulation permet d’adapter la reconnaissance financière à l’investissement réel de chacun.

Mythe n°3 : « C’est un job à plein temps bien payé. »

Dans les très grandes villes (métropoles de plus de 100 000 habitants), l’indemnité peut effectivement permettre de se consacrer quasi exclusivement à son mandat. Mais dans plus de 90 % des communes françaises, l’indemnité reste un complément de revenu. La réalité chiffrée : environ 85 % des adjoints au maire conservent leur activité professionnelle principale, jonglant entre deux agendas surchargés pour une compensation financière souvent symbolique. Leur rôle est donc bien distinct de celui des fonctionnaires territoriaux qui les entourent, dont la rémunération est fixée par la grille d’attaché territorial.

Mythe n°4 : « Avec la revalorisation 2026, tous les adjoints gagnent plus. »

Faux. La revalorisation votée fin 2025 ne concerne que les communes de moins de 20 000 habitants. De plus, elle nécessite une nouvelle délibération du conseil municipal pour être appliquée. Certaines communes, par contrainte budgétaire ou choix politique, peuvent décider de maintenir les montants antérieurs. Le plafond légal augmente, mais l’application concrète dépend de chaque collectivité.

Un adjoint au maire

Comment est calculée l’indemnité ? Le point d’indice décrypté

Le calcul peut sembler opaque au premier abord, mais il est en réalité très simple et totalement transparent.

La mécanique en 3 étapes :

Étape 1 – La base de référence : On prend la valeur de l’indice brut terminal de l’échelle indiciaire de la fonction publique (IB 1027). Pour faire simple, c’est le traitement le plus élevé possible pour un fonctionnaire de catégorie A+. En 2026, sa valeur brute mensuelle est fixée à 4 110,52 €.

Étape 2 – Le pourcentage légal : On applique le pourcentage défini par la loi en fonction du nombre d’habitants de la commune (voir le tableau ci-dessus). Ce pourcentage est strictement encadré par le Code général des collectivités territoriales.

Étape 3 – Le calcul final : On multiplie la base par le pourcentage pour obtenir l’indemnité brute mensuelle maximale.

Exemple concret pour 2026 :

Pour un adjoint au maire d’une commune de 15 000 habitants :

  • Le pourcentage maximal légal est de 33 %
  • Le calcul est : 4 110,52 € × 33 % = 1 356,47 € brut mensuels maximum
  • Après prélèvements sociaux (CSG/CRDS ~10 %), le net avant impôt tourne autour de 1 220 €

Les majorations possibles :

Ce montant de base peut être augmenté dans certains cas spécifiques, après vote du conseil municipal :

  • Communes chefs-lieux de département ou d’arrondissement (+25 % maximum)
  • Communes classées « stations de tourisme » ou « stations classées de tourisme » (+25 % maximum)
  • Communes bénéficiant de la dotation de solidarité urbaine (DSU) cible (+25 % maximum)
  • Communes confrontées à des charges particulières justifiant des sujétions spéciales pour les élus

Ces majorations permettent de reconnaître les charges et contraintes supplémentaires qui pèsent sur les élus de ces territoires : affluence touristique saisonnière, complexité administrative des chefs-lieux, ou difficultés socio-économiques particulières dans les quartiers prioritaires.

Important : Ces majorations s’appliquent dans la limite de l’enveloppe indemnitaire globale et ne peuvent en aucun cas conduire à dépasser le plafond de cumul des indemnités fixé à 8 897,93 € bruts mensuels (pour un élu cumulant plusieurs mandats).

La revalorisation 2026 : ce qui change concrètement pour les adjoints

En décembre 2025, le Parlement a définitivement adopté la loi relative au statut de l’élu local. Cette réforme majeure vise à lutter contre la crise des vocations, particulièrement aiguë dans les petites communes rurales où de nombreux maires peinent à constituer leurs équipes municipales.

Les mesures phares pour les adjoints :

  • Revalorisation des indemnités : Les adjoints des communes de moins de 20 000 habitants bénéficient d’une augmentation avec un système dégressif plus favorable aux très petites communes. Par exemple, un adjoint d’une commune de 2 000 habitants peut désormais percevoir jusqu’à 2 290 € au lieu de 2 121 € (sous réserve de délibération du conseil municipal).
  • Coût estimé : Cette revalorisation représente un investissement de 50 à 55 millions d’euros par an, financé en partie par une augmentation de la dotation particulière élus locaux (DPEL) de 59,4 millions d’euros.
  • Application non automatique : Attention, cette revalorisation n’est pas automatique. Chaque conseil municipal doit voter une nouvelle délibération pour appliquer ces nouveaux barèmes. Les communes qui ne délibèrent pas conservent les montants antérieurs.

Les autres avancées de la loi :

Au-delà de l’aspect financier, la loi améliore aussi les conditions d’exercice du mandat d’adjoint :

  • Doublement du congé électif pour les salariés candidats
  • Renforcement des autorisations d’absence pour les réunions
  • Extension du remboursement des frais de garde d’enfants
  • Amélioration de la protection fonctionnelle pour tous les élus
  • Trimestres de retraite supplémentaires (un trimestre par mandat, dans la limite de trois)

En pratique : Si vous êtes adjoint au maire dans une commune de moins de 20 000 habitants, renseignez-vous auprès de votre mairie pour savoir si le conseil municipal a voté l’application de ces nouveaux barèmes. Dans le cas contraire, vous pouvez le suggérer lors d’un prochain conseil.

L’indemnité, un levier d’engagement citoyen ?

Plutôt qu’un simple chiffre sur une ligne budgétaire, l’indemnité des adjoints au maire est le reflet d’un choix de société. Elle pose une question fondamentale : comment reconnaître l’engagement public tout en garantissant l’accessibilité des fonctions électives à tous les citoyens, quelle que soit leur situation professionnelle ou sociale ?

Le paradoxe français de l’élu local :

La France maintient le principe constitutionnel de gratuité des mandats électifs (inscrit dans la loi du 5 avril 1884), tout en reconnaissant qu’un engagement de 20 à 30 heures hebdomadaires mérite compensation. Ce compromis historique explique pourquoi on parle d’« indemnité » et non de salaire. Mais en 2026, ce modèle montre ses limites.

Les chiffres qui interpellent :

  • Crise des vocations : Selon l’Association des maires de France (AMF), près de 40 % des maires de communes de moins de 500 habitants déclarent avoir rencontré des difficultés à constituer leur liste en 2020. La situation s’est aggravée depuis.
  • Profil sociologique : Les adjoints sont majoritairement des cadres, professions libérales ou retraités. Les ouvriers, employés et jeunes actifs restent sous-représentés, notamment à cause du manque de compensation financière dans les petites communes.
  • Renoncement fréquent : Dans les communes de moins de 1 000 habitants, environ 30 % des adjoints renoncent à tout ou partie de leur indemnité pour ne pas grever le budget communal. Ce sacrifice personnel questionne la pérennité du système.

Vers un nouveau modèle de reconnaissance ?

La revalorisation 2026 marque une première étape, mais le débat reste ouvert. Une indemnité trop faible décourage des talents et exclut de facto les citoyens aux revenus modestes. À l’inverse, une indemnité trop élevée peut nourrir la défiance citoyenne et créer une « professionnalisation » de la fonction élective.

Cette reconnaissance financière reste à des années-lumière des logiques de carrière lucratives comme les métiers qui rapportent plus de 100 000 euros par mois, et c’est précisément ce qui fait sa valeur symbolique. L’adjoint au maire incarne un service public de proximité où la dimension humaine prime sur la rentabilité financière.

La prochaine fois que vous croiserez un élu local, vous ne verrez plus seulement un titre ou une fonction, mais le symbole d’un engagement citoyen dont vous comprenez désormais les rouages financiers et les enjeux concrets.

❓ FAQ : Les questions que vous vous posez

💼 Un adjoint au maire peut-il cumuler son indemnité avec un salaire professionnel ?

Oui, absolument. C’est même le cas le plus fréquent, surtout dans les communes de petite et moyenne taille. Environ 85 % des adjoints conservent leur activité professionnelle principale. La loi encadre cependant les cumuls d’indemnités entre différents mandats électifs pour éviter les abus, avec un plafond global fixé à 8 897,93 € bruts mensuels. Pour les fonctionnaires qui souhaitent s’engager, ce cumul peut s’articuler via le mécanisme du détachement dans la fonction publique, une solution qui leur permet de sécuriser leur carrière.

🏦 L’indemnité d’adjoint donne-t-elle droit à une retraite ?

Oui. Les élus locaux sont affiliés au régime général de la Sécurité sociale et à l’Ircantec (l’institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques). Les indemnités perçues donnent donc lieu à cotisation et ouvrent des droits pour la retraite. Depuis la loi 2026, les adjoints bénéficient également d’un trimestre de retraite supplémentaire par mandat, dans la limite de trois trimestres au total.

📋 Le maire peut-il décider seul du montant des indemnités ?

Non. C’est une décision collective et démocratique. Le montant des indemnités est fixé par une délibération votée par l’ensemble du conseil municipal en début de mandat. Toute modification doit également faire l’objet d’un vote en conseil municipal. Cette délibération doit respecter les plafonds légaux et l’enveloppe indemnitaire globale définie par le Code général des collectivités territoriales.

📈 La revalorisation 2026 s’applique-t-elle automatiquement ?

Non, elle nécessite une nouvelle délibération du conseil municipal. Même si les plafonds légaux ont été augmentés pour les communes de moins de 20 000 habitants, chaque collectivité doit voter l’application de ces nouveaux barèmes. Si votre conseil municipal n’a pas délibéré, les montants antérieurs restent en vigueur. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre mairie ou à consulter les délibérations publiques.

💶 Quelle est la différence entre l’indemnité brute et nette ?

L’indemnité brute affichée dans les barèmes légaux subit des prélèvements sociaux (CSG à 9,2 % et CRDS à 0,5 %) et est soumise à l’impôt sur le revenu. En moyenne, comptez une différence de 15 à 20 % entre le brut et le net perçu. Par exemple, une indemnité brute de 1 000 € correspond à environ 800-850 € nets après prélèvements, avant impôt sur le revenu.

La revalorisation 2026 concernant les communes de moins de 20 000 habitants marque une avancée, mais elle nécessite une délibération du conseil municipal pour être appliquée. Ces montants restent des plafonds bruts, soumis aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu.

Au-delà des chiffres, l’indemnité reflète un équilibre délicat entre reconnaissance de l’engagement citoyen et préservation du principe de gratuité des mandats. La prochaine fois que vous croiserez un élu local, vous comprendrez mieux la réalité financière qui se cache derrière cette fonction de service public.

Vous êtes adjoint au maire ou envisagez de le devenir ? Consultez les délibérations de votre conseil municipal pour connaître les montants exactement applicables dans votre commune.

Pour celles et ceux qui préparent un nouvel emploi, ce guide sur comment négocier son salaire à l’embauche peut vraiment faire la différence.

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