Le versement de 1 745 euros est une prime d’épargne salariale qui correspond à la moyenne nationale des primes de participation et d’intéressement distribuées chaque année aux salariés éligibles avant le 31 mai. En 2024, dernière année de référence disponible, ce montant a progressé de 3,81 % et a concerné plus de 11 millions de travailleurs en France. Le montant du versement 2026, basé sur les résultats de l’exercice 2025, sera connu après le prochain versement de mai.
Vous avez vu ce montant sur votre relevé bancaire ou dans l’actualité financière et vous ne savez pas exactement ce qu’il représente ? Ce virement n’est ni une aide de l’Etat, ni une erreur bancaire, ni une prime exceptionnelle tombée du ciel. C’est votre argent, issu des bénéfices de votre entreprise, que la loi lui impose de vous reverser chaque année. Voici ce que vous devez savoir avant de décider quoi en faire.
Les 5 points essentiels à retenir :
- Le montant de 1 745 euros est une moyenne nationale, votre prime réelle sera très probablement différente.
- Il provient de deux mécanismes : la participation (obligatoire pour les entreprises de 50 salariés et plus) et l’intéressement (facultatif).
- Le versement doit légalement intervenir avant le 31 mai de chaque année.
- Vous pouvez choisir de le retirer immédiatement (imposable) ou de le placer sur un PEE (exonéré d’impôt sur le revenu).
- Si vous placez votre prime, votre employeur peut ajouter un abondement, c’est-à-dire une somme complémentaire offerte.
- Le versement de 1 745 euros est la dernière moyenne nationale connue, issue des données DARES 2024. Le montant 2026 sera déterminé après le prochain versement de mai : votre prime réelle sera très probablement différente.
- Il provient de deux dispositifs légaux : la participation (obligatoire, +50 salariés) et l’intéressement (facultatif), qui peuvent se cumuler.
- Le versement doit intervenir avant le 31 mai de chaque année, sous peine de majoration de 8,6 % par an pour l’employeur.
- Placée sur un PEE, la prime est totalement exonérée d’impôt sur le revenu. Retirée immédiatement, elle est imposable (plus de 520 euros d’impôts à 30 % de TMI sur 1 745 euros).
- L’abondement employeur n’est possible qu’en cas de placement : c’est l’avantage le plus souvent oublié, et potentiellement le plus rentable.

Qu’est-ce que le versement de 1 745 euros ?
Ce montant ne désigne pas un virement unique et identique pour tous : c’est la moyenne nationale calculée par la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques) à partir des primes d’épargne salariale versées en France en 2024. Il regroupe deux dispositifs distincts, encadrés par le Code du travail, qui peuvent se cumuler sur un même exercice.
- La participation (article L.3322-1 du Code du travail) est obligatoire pour toute entreprise de 50 salariés ou plus et redistribue une fraction des bénéfices nets selon une formule légale.
- L’intéressement (articles L.3312-1 et suivants) est facultatif, défini par accord d’entreprise, et lié à l’atteinte d’objectifs de performance collectifs.
- En 2024, la participation affiche un montant moyen de 1 909 euros par bénéficiaire.
- L’intéressement atteint en moyenne 1 624 euros sur la même période.
- Environ 3 millions de salariés voient également leur employeur alimenter leur plan d’épargne-retraite collectif.
La confusion naît souvent du fait que ce chiffre de 1 745 euros circule comme s’il s’agissait d’un versement universel. En réalité, 5,8 millions de salariés ont bénéficié de la participation en 2024 et 5,5 millions de l’intéressement, selon l’Association Française de la Gestion Financière. Certains ont perçu les deux simultanément sur le même exercice, ce qui explique cette moyenne de 1 745 euros. Cette mécanique est identique à celle qui génère d’autres virements que les salariés peinent parfois à identifier, comme le mystérieux virement de 212 euros observé sur certains relevés bancaires.
| Critère | Participation | Intéressement |
|---|---|---|
| Caractère | Obligatoire | Facultatif |
| Seuil d’effectif | 50 salariés et plus | Toutes tailles d’entreprise |
| Base de calcul | Formule légale sur les bénéfices | Objectifs définis par accord |
| Montant moyen 2024 | 1 909 euros | 1 624 euros |
| Référence légale | Art. L.3322-1 Code du travail | Art. L.3312-1 Code du travail |
| Cumulable ? | Oui, les deux peuvent être versés la même année | |
Si vous attendez un complément de paiement et que vous surveillez votre compte, comprendre virement rappel CAF combien de temps faut-il attendre peut vous aider à mieux anticiper les délais.
Pourquoi votre montant diffère-t-il de 1 745 euros ?
La quasi-totalité des salariés ne touchent pas ce montant exact. Ce chiffre étant une moyenne nationale, il efface des écarts considérables entre secteurs, tailles d’entreprise et niveaux de rémunération. Comprendre les facteurs qui déterminent votre prime permet de mieux anticiper les années à venir et d’évaluer si votre employeur applique correctement les règles.
- Les résultats financiers de votre entreprise : une bonne année se traduit directement par une prime plus élevée, une année difficile peut la réduire à zéro.
- La taille de l’entreprise : les grandes structures ont généralement une capacité de redistribution plus importante.
- Votre niveau de salaire : la plupart des accords calculent la prime proportionnellement à la rémunération brute.
- Votre temps de présence : une arrivée en cours d’exercice réduit le montant au prorata des mois travaillés.
- Le secteur d’activité : certaines industries structurellement plus rentables distribuent des primes bien au-dessus de la moyenne nationale.
Le seul chiffre qui compte pour vous est celui qui figure sur le document transmis par votre gestionnaire d’épargne salariale (Amundi, Natixis Interépargne, Epsor ou autre). Le montant de 1 745 euros est un indicateur de tendance nationale, utile pour comparer votre situation à l’échelle du marché, mais pas un montant de référence personnel.

Faut-il retirer ou placer sa prime ?
C’est le choix le plus important à faire après réception de votre avis de versement. La décision a des conséquences fiscales directes et peut représenter plusieurs centaines d’euros de différence nette selon votre tranche marginale d’imposition. Vous disposez généralement d’un délai de 15 jours après réception de l’information individuelle sur le montant attribué pour formuler votre choix.
- Si vous retirez immédiatement : la somme est soumise à l’impôt sur le revenu l’année suivante. Pour une prime de 1 745 euros et une tranche à 30 %, cela représente plus de 520 euros d’impôts.
- Si vous placez sur un PEE : la prime est totalement exonérée d’impôt sur le revenu tant qu’elle reste investie, pour une durée minimale de 5 ans.
- Si votre employeur pratique l’abondement : il peut compléter votre versement, parfois à hauteur de 100 %, ce qui double la mise de départ.
- Les cas de déblocage anticipé légaux incluent : achat de la résidence principale, mariage ou PACS, naissance d’un troisième enfant, invalidité, décès du conjoint, rupture du contrat de travail.
- Passé le délai de 15 jours sans réponse de votre part : la somme est affectée d’office au plan d’épargne pendant 5 ans minimum.
L’absence de réponse dans le délai imparti joue donc en faveur du placement automatique, ce qui est fiscalement avantageux dans la grande majorité des situations. Si vous envisagez d’utiliser cette prime pour diversifier votre épargne sur le long terme, notre guide d’investissement pour jeunes vous donnera des pistes concrètes pour aller plus loin.
| Critère | Retrait immédiat | Placement PEE |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | Oui (ajouté au salaire imposable) | Non (totalement exonéré) |
| Prélèvements sociaux | Oui (CSG/CRDS) | Oui (CSG/CRDS) |
| Abondement employeur | Non | Possible (jusqu’à 100 %) |
| Economie fiscale estimée (TMI 30 %) | 0 euro | Plus de 520 euros |
| Durée de blocage | Aucune | 5 ans minimum (sauf déblocage anticipé légal) |
| Idéal pour | Besoin de liquidités immédiat | Construction d’une épargne moyen terme optimisée |
Que faire si vous n’avez rien reçu avant le 31 mai ?
La loi impose aux entreprises de verser les primes issues de la participation et de l’intéressement au plus tard le 31 mai suivant la clôture de l’exercice. Tout retard expose l’employeur à une majoration de 8,6 % par an sur les sommes dues, conformément à l’article L.3324-12 du Code du travail. Si votre compte est vide passé cette date, voici la marche à suivre.

- Vérifiez votre éligibilité : êtes-vous dans une entreprise de plus de 50 salariés ? Avez-vous l’ancienneté minimale prévue par l’accord collectif ?
- Consultez vos e-mails et courriers : le versement est souvent géré par un organisme tiers et la somme peut être déjà placée sur votre compte d’épargne salariale sans que vous l’ayez remarqué.
- Interrogez votre service RH ou les élus du CSE : ils ont accès à l’accord de participation et peuvent vérifier votre situation individuelle.
- Méfiez-vous des tentatives d’arnaque : aucune démarche administrative ne vous sera jamais demandée par téléphone ou e-mail pour débloquer votre prime. Les seuls interlocuteurs légitimes sont votre employeur et le gestionnaire mandaté.
- En cas de litige persistant, un recours devant le conseil de prud’hommes est possible sur la base d’un manquement à l’obligation légale de versement.
Si votre entreprise emploie plus de 50 salariés, réalise des bénéfices et ne verse aucune participation, vous êtes en droit d’alerter les représentants du personnel. Cette situation constitue une infraction passible de sanctions. Pour mieux comprendre le fonctionnement des virements bancaires et identifier l’origine des sommes qui transitent sur votre compte, notre article sur les prélèvements et virements non identifiés peut vous aider à y voir plus clair.
Si vous attendez un paiement important et que vous surveillez votre compte en fin de journée, comprendre jusqu’à quelle heure peut-on recevoir un virement peut vous éviter bien des inquiétudes.


