L’action Air France va-t-elle remonter en 2025 ? Analyse, risques et opportunités

L’action Air France-KLM peut-elle enfin redécoller en 2025 ? C’est la question que de nombreux investisseurs se posent. D’un côté, le groupe affiche des performances opérationnelles encourageantes, avec un chiffre d’affaires en hausse et des marges qui s’améliorent. De l’autre, le cours de l’action en bourse peine à traduire cette dynamique positive, restant sous la pression de facteurs structurels et externes. Cette situation crée un véritable dilemme : faut-il y voir une opportunité d’achat sur un titre sous-évalué ou un piège pour les investisseurs ? Cet article propose une analyse équilibrée, sans prédictions hasardeuses, pour vous aider à comprendre les forces en présence et les enjeux qui détermineront si l’action Air France pourrait remonter. Ceci n’est pas un conseil en investissement. Toute décision doit être prise après une analyse personnelle approfondie ou avec l’aide d’un professionnel.

Les infos à retenir (si vous n’avez pas le temps de tout lire)

  • Signaux Verts (Potentiel de hausse) : La performance opérationnelle est solide avec une marge visée au-delà de 8% et un chiffre d’affaires en croissance. La valorisation semble attractive avec un PER très bas (autour de 2.7-3.4) comparé au secteur.
  • Signaux Rouges (Freins structurels) : Le poids de la dette reste un enjeu majeur malgré un désendettement progressif. Des financements récents, bien que bénéfiques pour le bilan, créent un risque de dilution future pour les actionnaires.
  • 🌍 Facteurs Externes : Le cours de l’action reste très sensible à la volatilité du prix du kérosène et à la vigueur de la reprise du trafic aérien, notamment sur les lignes long-courriers et premium.
  • 👨‍⚖️ Consensus Analystes : Les avis sont partagés, oscillant entre des objectifs de cours prudents et d’autres plus optimistes (ex: JPMorgan à 14€), reflétant l’incertitude ambiante.
  • 🚨 Alerte Fiabilité : Une grande méfiance est de mise vis-à-vis des sites de prédictions algorithmiques qui affichent des cours au centime près. Ces prévisions ne reposent sur aucune analyse fondamentale sérieuse.

Infographie duel visual : L'action Air France va-t-elle remonter en 2025 ?

Analyse fondamentale 2025 : L’action Air France-KLM est-elle sous-évaluée ?

Sur le papier, l’action Air France-KLM semble présenter de nombreux atouts. L’un des indicateurs les plus scrutés par les analystes est le PER (Price-to-Earnings Ratio), ou ratio cours/bénéfices. Cet outil permet de mesurer la valorisation d’une entreprise en comparant le cours de son action à son bénéfice par action. Un PER bas suggère que l’action est potentiellement bon marché par rapport à ses profits, une approche complémentaire à l’analyse de la valeur intrinsèque.

Pour Air France-KLM, les estimations pour 2025 placent ce ratio dans une fourchette entre 2.7 et 3.4. C’est un niveau considéré comme très faible, non seulement par rapport au marché en général, mais aussi au sein du secteur aérien. Cette valorisation attractive contraste fortement avec la santé opérationnelle du groupe.

Les résultats récents confirment cette dynamique positive. Le groupe a enregistré une hausse de 6% de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2025, pour atteindre 8,4 milliards d’euros. La marge opérationnelle s’est hissée à 8,7%, et la discipline financière a permis de poursuivre le désendettement, avec un levier ramené à 1,5 fois l’EBITDA. Alors, si les opérations s’améliorent et que la valeur de l’action semble décotée, quels sont les freins qui expliquent la prudence des investisseurs ? La réponse se trouve en grande partie dans la structure complexe de sa dette.

Le poids de la dette : l’épée de Damoclès sur la valorisation

L’endettement est le principal point noir qui pèse sur les perspectives de l’action Air France. Héritage de la crise sanitaire du Covid-19 qui a mis le secteur à l’arrêt, cette dette est aussi une caractéristique structurelle des compagnies aériennes, qui doivent financer des actifs très coûteux comme les avions. Bien que le groupe soit sur la bonne voie pour assainir son bilan, des mécanismes financiers récents introduisent de nouvelles incertitudes pour les actionnaires.

Désendettement post-Covid : une trajectoire encourageante mais inachevée

La direction d’Air France-KLM a fait du désendettement sa priorité absolue, et les efforts commencent à payer. La trajectoire est clairement positive, comme en témoignent les derniers chiffres clés qui rassurent sur la solidité financière du groupe :

  • Levier d’endettement : Il a été ramené à 1,5x l’EBITDA, un niveau beaucoup plus soutenable qu’au sortir de la crise.
  • Liquidités disponibles : Le groupe dispose d’un matelas de sécurité confortable avec 9,4 milliards d’euros de liquidités.
  • Génération de trésorerie : Les prévisions pour 2025 confirment une génération de trésorerie positive, signe que l’activité opérationnelle est suffisamment rentable pour couvrir les dépenses et commencer à rembourser la dette.

Cette discipline financière est saluée, mais le chemin est encore long avant de retrouver une flexibilité totale.

Le financement Apollo : une solution à double tranchant ?

Pour accélérer le redressement de son bilan, Air France-KLM a eu recours à des montages financiers innovants, notamment un financement majeur auprès du fonds d’investissement Apollo. Cette opération, structurée sous forme de « quasi-fonds propres », a un double effet.

D’un côté, c’est une excellente nouvelle à court terme : elle permet de réduire la dette nette affichée au bilan et de renforcer la structure financière sans faire immédiatement appel aux actionnaires. De l’autre, ces instruments financiers sont souvent convertibles en actions à l’avenir. Cela crée un risque de dilution actionnariale. Pour le dire simplement : si de nouvelles actions sont créées, la part de chaque actionnaire existant dans le capital de l’entreprise diminue mécaniquement. Votre part du gâteau devient plus petite.

Ce risque de dilution future est un facteur clé qui explique pourquoi le marché applique une décote sur la valeur de l’action Air France. Tant que cette épée de Damoclès subsiste, les investisseurs restent prudents, même face à de bons résultats opérationnels.

Catalyseurs et freins : les forces externes qui dictent le tempo

Au-delà de sa situation financière interne, le cours de l’action Air France est fortement exposé à des facteurs externes, macro-économiques et sectoriels. Ces éléments peuvent agir comme de puissants catalyseurs de hausse ou, au contraire, comme des freins majeurs à sa revalorisation. Voici les principales forces en présence.

Les vents porteurs potentiels

Plusieurs facteurs pourraient jouer en faveur d’une remontée du titre à moyen terme :

  • Prix du kérosène : Le carburant représente l’un des plus gros postes de dépenses. Une baisse durable ou une stabilisation des prix du pétrole pourrait améliorer significativement les marges et la rentabilité du groupe.
  • Reprise du trafic asiatique et Premium : La demande pour les voyages long-courriers, notamment vers l’Asie, et pour les classes supérieures (Affaires, Première) est cruciale. Une confirmation de cette tendance sur les segments les plus rentables serait un moteur de croissance essentiel.
  • Succès de l’intégration de SAS : L’acquisition d’une participation dans la compagnie scandinave SAS est une manœuvre stratégique. Si les synergies se matérialisent, elles pourraient renforcer le réseau nord-européen d’Air France-KLM et sa rentabilité globale.

Les turbulences à ne pas ignorer

À l’inverse, plusieurs risques pèsent sur le secteur et pourraient freiner l’élan de l’action :

  • Concurrence Low-Cost : Sur le moyen-courrier, la pression tarifaire exercée par des acteurs comme Ryanair et easyJet reste extrêmement intense. Elle contraint Air France et sa filiale Transavia à une discipline de coûts permanente qui pèse sur la rentabilité de ce segment.
  • Contexte géopolitique : Le secteur aérien est très sensible aux crises internationales. Un nouveau conflit, des tensions politiques ou des actes de terrorisme peuvent impacter instantanément le trafic, les routes aériennes et les coûts d’assurance.
  • Réglementations environnementales : La transition écologique est un défi majeur. Les investissements colossaux nécessaires pour renouveler la flotte avec des avions moins polluants et pour s’approvisionner en carburants durables (SAF) représentent des coûts futurs très importants qui pèseront sur les finances du groupe.

Ingénieurs calibrant moteur avion Air France sous regard analyste financier dans hangar lumineux


Avertissement : pourquoi les prédictions chiffrées sont un piège

En cherchant des informations sur le potentiel de l’action Air France, il est facile de tomber sur des sites web affichant des prévisions de cours très précises, au centime près, pour les jours, semaines ou mois à venir. Des plateformes comme « tauxde.com », par exemple, proposent des tableaux de prédictions journalières qui peuvent sembler rassurants.

Il est fondamental de comprendre que ces prévisions algorithmiques sont un piège. Prédire un cours de bourse au jour le jour avec une telle précision est techniquement impossible et relève de la pure spéculation, non de l’analyse financière sérieuse. Ces outils génèrent souvent des chiffres de manière automatique sans tenir compte des fondamentaux de l’entreprise, des annonces stratégiques ou du contexte macro-économique. Ils peuvent créer un faux sentiment de sécurité et conduire à de très mauvaises décisions d’investissement.

MISE EN GARDE : L’approche professionnelle est radicalement différente. Les analystes de banques comme JPMorgan, UBS ou ING ne donnent pas de prédictions certaines. Ils fournissent des « objectifs de cours ». Ces objectifs sont le résultat de modèles financiers complexes basés sur des hypothèses claires (croissance du chiffre d’affaires, évolution des marges, etc.). Ils représentent une estimation de la juste valeur de l’action si leurs hypothèses se réalisent, et non une certitude sur le cours futur. C’est un guide pour la réflexion, pas une boule de cristal.

En conclusion de cette analyse, le dilemme de l’investisseur face à l’action Air France-KLM est clair. D’un côté, nous avons une société en plein redressement opérationnel, avec des résultats en amélioration et une valorisation en bourse qui semble très décotée. De l’autre, des risques bien réels persistent : un endettement encore élevé, une menace de dilution pour les actionnaires et une forte exposition aux aléas externes comme le prix du pétrole ou la concurrence. La question de savoir si l’action Air France va remonter dépendra de la capacité du groupe à continuer de naviguer dans cet environnement complexe. Le titre pourrait présenter un potentiel pour un investisseur acceptant un niveau de risque élevé et visant un horizon de temps moyen à long terme, le temps que la restructuration financière porte pleinement ses fruits. Une nouvelle fois, nous rappelons que ceci n’est pas un conseil en investissement.

Questions fréquentes

Air France-KLM va-t-elle verser un dividende en 2025 ?

Non, selon les données de consensus et les prévisions des analystes (Boursorama), aucun versement de dividende n’est prévu pour 2025, ni même pour 2026. La priorité absolue du groupe reste le désendettement et le renforcement de son bilan. Le retour à une politique de dividende ne sera probablement pas envisagé avant que la situation financière soit totalement assainie.

Quel est le niveau d’endettement actuel d’Air France-KLM ?

Le groupe a fait des progrès significatifs dans la gestion de sa dette. Le levier d’endettement net a été ramené à un ratio de 1,5 fois l’EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement). De plus, l’entreprise dispose de liquidités solides s’élevant à 9,4 milliards d’euros, ce qui lui offre une marge de manœuvre financière confortable.

Quels sont les principaux objectifs de cours des analystes pour l’action Air France ?

Le consensus des analystes est très partagé, ce qui reflète l’incertitude entourant le titre. Les avis varient considérablement : JPMorgan a par exemple relevé son objectif à 14 euros, se montrant optimiste sur la stratégie de montée en gamme. À l’inverse, d’autres analystes comme ceux d’ING (objectif abaissé à 12,2 euros) ou d’UBS (position « neutre ») sont plus prudents, invoquant la pression sur les recettes et le poids de la dette.

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